L’Action Individuelle en Holacracy

Note : Cet article de blog a été traduit par iGi Partners et est mis à votre disposition gratuitement, afin que, si vous ne parlez pas anglais ou tout simplement préférez lire le français, vous puissiez tout de même profiter du contenu de qualité qu’offre cet article, rédigé par Brian Robertson, un des créateurs de Holacracy.
 
Que faisons-nous lorsque notre bon sens individuel nous dicte de transgresser ou d’aller à l’encontre des règles et des politiques établies ? Nous avons de bonnes chances d’adopter le réflexe que tout être humain adopterait généralement, face à cette situation: nous considérons la situation dans son ensemble, en tenant compte des règles existantes, et nous nous relions en conscience à ce qui nous apparaît le plus juste avant de poser des actes en adéquation avec notre positionnement. Et parfois, parce que nous choisissons de rester fidèles à nous-mêmes, nous sommes amenés à briser les règles établies. En holacratie*, nous appelons cela « l’Action Individuelle », et il existe des règles-clés  faisant partie intégrante du système, dont le rôle est justement d’intégrer cette action individuelle. En d’autres termes, en holacratie*, il existe des règles destinées à briser les règles !

 


En effet, quel que soit la limpidité des règles, des politiques et des procédures établies, il est parfois nécessaire de faire des choix qui sortent du cadre du système défini. Dans la plupart des organisations, ces initiatives individuelles sont étouffées par peur de la critique et des accusations : l’organisme (de l’organisation) perd par la même occasion une opportunité d’apprendre et d’évoluer. Dans une organisation qui fonctionne en Holacracy, si la raison d’être des règles établies est bien acceptée, il est aussi permis de considérer sérieusement les raisons pour lesquelles ces même règles pourraient ne pas être respectées. Quelque chose ici demande à être intégré, et les règles sont amenées à évoluer.  Lorsque nous commençons à fonctionner en Holacracy, il n’est pas rare d’être en dehors du cadre défini, car l’holacratie* nous encourage précisément à laisser libre court à notre gouvernance, à la laisser évoluer dans le temps, selon une trajectoire qui lui est propre,  au lieu de chercher à suivre à tout prix un modèle prédéfini.

 


En Holacracy, le principe de l’Action Individuelle est de faire exactement ce que n’importe qui ferait dans une situation donnée : prendre en considération toutes les informations disponibles, en incluant les règles existantes, et choisir de poser en bonne intelligence l’action la plus porteuse de sens. Si toutefois l’action choisie outrepasse la gouvernance en vigueur, il faut se préparer à suivre deux étapes corollaires :
1. Officialiser cette Action Individuelle et se préparer à «restaurer» dans le cas où il y aurait des dégâts ou dommages collatéraux (bascule d’un système de justice punitive à un système de justice restaurative)
2. Si cette action devient récurrente, amener une proposition en réunion de gouvernance pour que le cercle puisse apprendre et s’adapter. L’Action Individuelle permet donc à l’organisation d’apprendre.
 
Opérer en dehors des règles, voire les transgresser, fait alors partie des règles, tant que vous agissez sincèrement, en vôtre âme et conscience, au service de l’organisation, et que vous vous engagez à suivre les étapes corollaires susdites. Il ne s’agit pas d’encourager à transgresser les règles plus qu’elles ne le sont déjà, mais plutôt de reconnaître la réalité comme elle est et de faire avec.
Reconnaître l’Action individuelle et lui accorder une juste place, peuvent avoir un impact profond sur la culture de l’organisation. Cela évite de prendre les règles comme excuse pour ne pas faire ce qu’il y a à faire, ou encore d’en faire une arme qui se retourne contre ceux qui font de leur mieux en leur âme et conscience. Cela  nous évite aussi de nous engluer dans les accusations, les attitudes négatives ou encore les « j’aurais dû » qui sont si courants dans le quotidien des organisations d’aujourd’hui. Toutes ces émotions sont toutes compréhensibles et rendent confus les faits réels – elles deviennent une forme de résistance à ce qui est déjà arrivé et ne peut être changé. Résister à la réalité nous empêche de faire un avec le moment présent et sa perfection, de se centrer sur le « comment faire avec » et tendre notre énergie vers le futur.
 
La règle de l’Action Individuelle nous permet de dépasser les critiques et la peur de celles-ci pour vivre dans le moment présent et faire face au futur ensemble. Et lorsque l’Action Individuelle génère des tensions, Holacracy nous propose des structures de gouvernance et des processus de réunion pour transformer cette tension en évolution de l’organisation.
 
*Holacracy est un trademark déposé.
Pour en savoir plus, cliquez sur : http://igipartners.com/pourquoi-holacracy-pas-holacratie
 
Version Originale ©2012 HolacracyOne, LLC - Traduction Française ©2013 IGI Partners - Tous Droits Réservés
Écrit par :
Portrait de Brian Robertson
Brian Robertson
Brian Robertson is a seasoned entrepreneur and organization builder, and a recovering CEO - a job he now helps free others from with Holacracy. Generally regarded as the primary developer of the system, Brian’s work allows leaders to release the reins of personal power and persuasion into a trustworthy and explicit governance process. Brian also serves as the drafter and steward of the Holacracy Constitution, which captures the system's unique "rules of the game" in concrete form. Beyond joyfully crafting legal documents, Brian's creative expression takes many forms – he co-founded HolacracyOne to support Holacracy’s growth, and he fills and loves a broad variety of the company’s roles. He's particularly grateful to hold no fancy titles and wield no special powers, so he can show up as just another partner doing his part to support something he cares about.
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