« Pourquoi s’engager avec Holacracy ? Rien à perdre, tout à y gagner ! »

 

D’un enthousiasme sans faille, Lionel Theuil-Laroye se réjouit des bienfaits très rapides apportés par son engagement courageux dans ce nouveau système de management qu’est Holacracy. Ambitieux, ce jeune entrepreneur a su mettre la hiérarchie de côté pour donner un nouveau souffle à son entreprise SOPRODI ainsi qu’à ses collaborateurs.

 


« Le commencement est beaucoup plus que la moitié de l’objectif », disait Aristote. Par ces mots d’une grande sagesse, le philosophe grec a montré la voie à bien des générations. Certains n’hésitent donc pas un seul instant à prendre cette citation au pied de la lettre. C’est d’ailleurs par cet acte de courage moderne que Lionel Theuil-Laroye s’est distingué ces derniers mois. Ce jeune entrepreneur a ainsi décidé de reprendre en juillet 2010 une entreprise familiale du nom de SOPRODI. Créée en 1950, cette société industrielle comporte une vingtaine de collaborateurs travaillant dans la distribution de matières plastiques et de métaux non ferreux pour les industries de l’aviation civile voire militaire.

 


Au début, « l’entreprise était vieillissante »

Typique des PME de province française, SOPRODI se repose sur la longue expérience de la plupart de ses membres. « Ils savaient très bien faire le boulot, c’est indéniable. Mais on s’est aperçu que même avec des personnes ayant 25 ans d’ancienneté, il y avait moyen de progresser dans certains domaines, de travailler plus intelligemment sans que ce soit plus difficile », se souvient Lionel regrettant que « tout le monde se concentre plus sur la paperasse que sur le travail ». Pour lui, l’entreprise était « vieillissante, avec une technologie vieillissante. Certes, il y avait un fort capital intellectuel, beaucoup de savoir-faire mais on pouvait perdre tout cela avec les départs en retraite », craignait-il. Les choses à régler : « trop de paperasse qui amène des tensions et qui chamboule tout le monde ». Du coup, des jeunes ont été recrutés. Le but était à ce moment de « redynamiser SOPRODI, d’amener du sang jeune et d’apporter les nouvelles technologies ».

 


Une première journée pour « Essayer en Vrai Holacracy » très productive, les collaborateurs enjoués

Dans la suite logique des choses, une nouvelle aventure démarre. « On a sélectionné Holacracy car on a commencé à mettre en place la certification ISO », rappelle-t-il en ajoutant avoir connu ce nouveau système de management par le biais de William Zybach, un très haut fonctionnaire au niveau fédéral aux États-Unis. C’est alors qu’il s’est lancé dans ce projet avec Bernard Marie Chiquet le 12 novembre dernier. Se réjouissant que « de manière très simple, ça me paraissait évident que l’Holacracy c’était pour le bien de l’organisation mais aussi pour le bien des individus », Lionel raconte que trois des personnes de l’entreprise qui ont participé à cette journée « Essayer Holacracy » se sont formés trois semaines plus tard du 26 au 30 janvier pour se certifier Praticiens en Holacracy. « La première journée avec l’équipe de direction était géniale et si simple », sourit le jeune entrepreneur avant d’ajouter : « l’être humain est déjà suffisamment compliqué, il ne faut plus aller chercher midi à quatorze heures. Il faut prendre en compte le fait qu’il est important de savoir s’exprimer. Or, les gens savent se parler à la maison mais pas au bureau par peur d’offenser ou d’être mal vus ».

 


Emballé, il affirme que « Holacracy donne cette liberté de s’exprimer sans peur d’être jugé » et rend hommage à Bernard Marie Chiquet qui a « su inspirer les gens. La meilleure chose à faire était d’envoyer se former trois personnes en premier lieu et, ensuite, de mettre en place Holacracy. C’était une énergie en mouvement immédiate, c’est excellent ».

 


Alors que les premières réunions de triage et de gouvernance s’organisent, Lionel Theuil-Laroye se réjouit de voir ses « collaborateurs enjoués, enthousiastes, à fond… ». « Ils étaient motivés, plein d’idées et très créatifs », explique-t-il notant déjà « des progrès ». Certes, « il y a encore beaucoup de travail car il faut casser certaines habitudes. Je m’y attends ».

 


« On avait tout à y gagner »

 

Quand on lui demande si ce choix n’était finalement pas un pari un peu fou, Lionel Theuil-Laroye répond sans temps de réflexion : « qu’est-ce que j’avais à y perdre ? J’avais identifié des points où l’entreprise pouvait y bénéficier. Immédiatement, il y a eu des atomes crochus avec Bernard Marie. Il a une connaissance du monde industriel et de l’humain, deux choses qui ne doivent pas être en conflit. On peut obtenir du gagnant-gagnant partout ». « Parfois, on nous dit qu’on est au service de l’organisation donc l’être humain est mis de côté. Mais au contraire on fait des choses pour que l’être humain soit libre de communiquer », rajoute-t-il avant de se féliciter qu’aujourd’hui « on peut travailler sur tous les tableaux en même temps sans que ce soit trop, à savoir le côté professionnel, humain, l’argent, la communication etc… ». Pour lui, « ça ne sert à rien d’attendre, on avait tout à y gagner. Surtout dans une PME, surtout en province. »

 


Désormais, SOPRODI a une route à poursuivre. « Nous allons continuer dans le cadre de Holacracy et de la certification ISO. Nous allons régler les tensions et les frictions avec des réunions de triage et de gouvernance pendant les prochains mois. Nous allons faire confiance à ce processus pour nous aider à transformer SOPRODI en l’entreprise dont nous rêvons ». N’est-ce pas un certain William Shakespeare qui disait que « nos doutes sont des traîtres et nous privent de ce que nous pourrions souvent gagner de bon parce que nous avons peur d’essayer » ?

 


Propos tenus par Lionel Theuil-Laroye, et recueillis par Anthony Poix, journaliste

 


Les dates clés du projet :

17 janvier 2013 : Journée Essayer avec toute l’équipe de Direction, avec les 3 collaborateurs qui seront forms Praticiens (Durée 7 h)
  • présentation des principes de Holacracy
  • réunion de gouvernance sur la base des tensions réelles de l’organisation
  • réunion de triage opérationnelle
  • structure organique
  • mise en exergue des apports de Holacracy pour l’organisation SOPRODI
18 janvier 2013 : Journée Explorer avec le Board & adoption formelle de la Constitution de Holacracy
  • réunion du Board
  • présentation et adoption formelle par le Board de la constitution de Holacracy
  • mise en place de la structure initiale
  • exploration du projet de mise en place de Holacracy dans toute l’organisation

 

Lionel Theuil-Laroye, lors de la signature de la politique d’adoption de la Constitution de l’Holacracy, le 18 janvier 2013

 

Structure initiale de SOPRODI vue avec le logiciel GlassFrog
26 au 30 janvier : Formation de Certification Praticien de 3 collaborateurs de SOPRODI
Depuis début février : Implémentation de lʼHolacracy dans les 5 cercles de lʼorganisation SOPRODI – Accompagnement par IGI Partners pour opérer la transition jusquʼà lʼautonomie de SOPRODI sur une durée de 9 mois

 


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Écrit par :
Portrait de Anthony Poix
Anthony Poix
Titulaire d'une Licence en Langues Étrangères Appliquées, Anthony Poix a également décroché une Licence en Journalisme et un Master en Sciences Politiques. Tout au long de son chemin, ce jeune journaliste a eu la chance d'enchaîner les expériences enrichissantes à Sport24 (Le Figaro), France Soir, Atlantico et à La République de Seine-et-Marne. Heureux propriétaire du blog Les Oubliés de l'Actu, il garde un objectif en ligne de mire: parsemer sa route de reportages enivrants. Tout en espérant que vous buviez sa passion sans modération.
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